
à Blandine
1 Family Portrait (5:41)
2 Egon & Gertie (3:02)
3 First Self-Portrait Series (3:47)
4 Mime Van Osen (3:05)
5 Second Self-Portrait Series (2:30)
6 Wally, Egon & Models In The Studio (4:41)
7 Promenade (8:24)
8 Third Self-Portrait Series (2:23)
9 Egon, Edith & Wally Meet (2:41)
10 Egon & Wally Embrace & Say Farewell (3:09)
11 Egon & Edith (2:55)
12 Second Family Portrait (4:45)
Emballé une fois encore dans un packaging outrageusement somptueux, les Rachel's nous reviennent dans leur plus simple appareil pour un résultat de toute beauté. Approché par Stephan Mazurek afin d'illustrer de leur qualité musicale les scènes de son spectacle dédié à l'oeuvre et à la vie du peintre Egon Schiele, le groupe se sépare momentanément de ses lourds attributs rock et philharmoniques pour évoluer en trio. Les échanges permanents entre piano, violoncelle et violon traduisent parfaitement la vie passionément tourmentée, maladivement romantique, de l'artiste Autrichien. Cette ambiance de musique de chambre donne plus de poids à une musique à la forte charge émotionnelle à laquelle il est difficile de résister. La série des trois autoportraits peut briguer une vague ressemblance avec les résonances mélodieuses et dramatiques des thèmes composées par Michael Nyman pour le film de Jane Campion, "The Piano". Les différentes variations proposées donnent d'ailleurs à l'ensemble encore plus de force et de cohésion. Sur ses plages plus obscures, dominées par un violoncelle toujours aussi déchirant de détresse, on peut songer aux musiques pour quatuor à corde de Dimitri Shostakovitch. Plus que jamais donc, l'héritage classique transparaît sur ce disque précieux jamais ennuyeux. Une simplicité à toute épreuve, une fragile émotion presque tactile tellement elle semble dégouliner par hectolitres de vos enceintes. Évoluant donc hors cadre, dans un contexte qui ne lui est pas familier et ne représentant au final qu'une infime portion du groupe, Rachel's touche au sublime en signant ici paradoxalement son oeuvre sans doute la plus aboutie, réalisant par là même la parfaite synthèse néo classique post moderne, aussi poignante que bouleversante. On est loin du rock. Loin de tout. Mais en nous. Et ce superbe "Music for Egon Schiele" ne manquera pas de venir encore raviver les cicatrices mal soignées de ceux qui vivent au jour le jour dans la douleur d'un coeur étouffé par tant de peine et de chagrin. (dimanche 8 décembre 2002)
Guts of Darkness
Music for Egon Schiele is the soundtrack to a piece of dance and theater [originally put on in
Ultra E Zine
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